Comment mettre en place la discipline ? Quand est-ce que la discipline devient inefficace ? Pourquoi, bien souvent, l’instauration de la discipline tourne à l’échec ? Comment mettre en place la discipline ? Quand est-ce que la discipline devient inefficace ? Pourquoi, bien souvent, l’instauration de la discipline tourne à l’échec ?
Un système disciplinaire léger est plus efficace
La psychologie sociale a montré, en matière de discipline, que le fait d’amener les sujets à se soumettre librement, par consentement, agit fortement et positivement sur les modifications des comportements, dans une perspective favorable à la vie du groupe et à l’évolution et l’efficacité des personnes. Par ailleurs, moins elles se sentent menacées, plus elles s’investissent dans le contexte qui leur est proposé. Pour amener des élèves à se mobiliser dans un cadre donné, il apparaît qu’un système disciplinaire léger est plus efficace qu’une lourde batterie de sanctions qui va limiter l’acceptation de l’autorité à l’obéissance complaisante.
La discipline: un facteur favorisant la mise en place des projets collectifs et individuels
La discipline doit faire agir par soi et non par ordre. Cette dernière approche est déresponsabilisante et place ceux qui devraient être auteurs de la discipline dans un statut de victime qui les éloigne totalement du processus. La discipline doit être finalisée, et par là démystifiée, et quitter son statut de prise de pouvoir sur les autres. Elle doit apparaître comme étant une nécessité visant à « ordonner dans un groupe un jeu modéré des rapports et des protections, des influences et des contraintes ». La discipline est par là un facteur favorisant la mise en place des projets collectifs et individuels. C’est en ce sens que les règles, le contexte disciplinaire doivent être élaborés avec les élèves et surtout rappelés à l’amorce de tout nouveau projet.
Distinguer la discipline de l’action de discipliner
Il s’agit de distinguer la discipline de l’action de discipliner, les deux termes ne recouvrant pas les mêmes notions. La discipline fait référence à l’ordre, au respect des règles, à la prise en considération d’autrui, autant de notions que l’on ne peut mettre en cause, alors que le fait de discipliner évoque l’idée d’assujettir et de soumettre. Thomas Gordon distingue la discipline instructive, qui s’attache à influencer l’autre, de celle dite restrictive, qui va limiter ses prérogatives. Et ici, la psychologie nous vient en aide, démontrant que plus on cherche à dominer les gens par le pouvoir, moins on peut influencer leur vie. La discipline ne doit pas prétendre à une obéissance stricte et immuable.
Il s’agit d’accepter le refus d’obéissance car si celle-ci devient une exigence incontestable, elle peut susciter une rancune inconsciente qui à plus ou moins long terme, risque de conduire à une contestation ouverte et généralisée. Il faut admettre la désobéissance en tant que principe et l’accepter quand elle porte sur des orientations accessoires ou formelles.
Voir la première partie de l’article
Texte et dossier : Fabienne RAMOND
Par la discipline instaurée, l’enseignant devient le garant de cette possibilité d’être soi et ensemble. Il pose ainsi le principe et le fondement de cette discipline, le contrat en lui-même dont la mise en place passe par les nécessaires étapes suivantes :
– découverte des intérêts communs à trouver des règles ;
– reconnaissance de celles-ci par le discours qu’elles engendrent, les élèves y mettant des mots, leurs mots, afin d’actualiser les concepts ;
– mise en pratique et régulation permanente du règlement et de ce qu’il implique, la discipline dans ce contexte ne pouvant être figée mais sans cesse matière à regard et à parole.
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